Moi, c'est le cinéma. (11)





On a beau savoir depuis belle lurette que la France est un pays de gros cons racistes, c'est toujours comme ça, les lendemains d'élections, on se réveille avec un sentiment de honte. Alors, un peu de musique ne va pas nous faire de mal.
Après un premier album sorti sur Sacred Bones qui m'avait déjà bien plu, les australiens de Slug Guts remettent le couvert avec quatre titres. Ca sent la drogue à plein nez, c'est poisseux et musicalement on peut dire qu'il s'agit de swamp noise sans trop se tromper. C'est le label Hozac Records qui sort ce disque.
Houston, Texas maintenant avec Balaclavas pour la sortie de leur nouvel effort sur le label Dull Knife. Un EP baptisé "Second Sight" sombre et efficace.
On finit cette petite sélection avec Dan Melchior et son blues au son si reconnaissable. C'est encore le label Hozac Records qui sort ce disque, trois titres dont ce "Yachts" qui donne son nom à l'objet.
L.B
Après une longue et douteuse hésitation, j'ai décidé aujourd'hui de ne pas vous parler de politique. Pourtant, ce n'est pas l'envie qui me manque. La vague Mélenchon est telle que je me suis même inscrit aux cours du soir pour apprendre le russe, je suis très prévoyant. Il faut dire que l'ex-ministre de Lionel Jospin est sans doute le révolutionnaire que le pays attend depuis Gaston Defferre. Non ? Ah bon...
Bref, plutôt que de se comporter comme un parfait petit dictateur, obligeant ses proches à aller déposer dans une urne un bulletin avec lequel, personnellement, je n'oserai même pas me torcher, je préfère vous faire rêver. Et quoi de mieux, je vous le demande, qu'un chef-d'oeuvre du septième art pour se laisser aller à rêvasser d'un monde meilleur ? Et bien, rien mon con !
2002, le rot devient la langue officielle d'une grande partie du continent européen, permettant ainsi en France, à Jean-Pierre Raffarin d'être nommé premier ministre bossu d'une république improbable. Une rude bataille que l'enfant terrible du Poitou remporte d'un cheveu, au nez et à la barbe de Maurice Papon, libéré un poil trop tard pour espérer se présenter à ce poste qui lui était pourtant promis. Mais l'évènement le plus marquant dans l'hexagone est sans doute le terrible drame que nous gardons tous en mémoire. En avril, ne te découvre pas d'une pile ! Et pourtant... Sortant dans la rue sans son sous-pull pour s'alimenter en crack, le grand Francis Lemarque est assassiné par une crise cardiaque qui traînait dans le quartier. Le pays est en deuil, plus rien ne sera comme avant.
Dans le reste du monde, qui est je vous le rappelle, constitué principalement d'étrangers, il ne se passe pas grand chose d'intéressant hormis bien sûr, la création de la ligue mondiale de water-polo. Quelques légers cyclones et autres drames météorologiques tentent bien de se montrer mais rien n'y fait. Glauque, le monde est glauque. En cette année 2002, ces paroles du triste con Luc Plamondon sont, plus que jamais, d'actualité.
Et puis, au beau milieu de la torpeur et du chaos, arrive une éclaircie. Un moment d'éternité que l'on doit à Raja Gosnell, réalisateur génial et malheureusement méconnu. Petit, Raja passait son temps à regarder la télévision en dévorant des sucettes au saindoux. Il en gardera une légère tendance au surpoids mais surtout un amour démesuré pour les dessins-animés. C'est sans doute en repensant à son enfance qu'il se lance dans le tournage d'une histoire complètement folle, drôle et émouvante.
Quatre amis et un super-héros plongent au coeur d'une histoire haletante et il faut bien le dire, sacrément flippante. Il y a Véra, la niaise rigolote, un rôle que vit véritablement Jodie Foster. Fred, le cerveau du groupe est quant à lui joué par un Arnold Schwarzenegger que l'on avait pas connu aussi cérébral depuis le Robocop d'Orson Welles. C'est aussi la première apparition à l'écran de Michael Douglas dans le rôle de Sammy, grand puceau boutonneux et froussard, reluquant sans cesse le cul de Daphnée, interprétée avec une grande finesse par une Pamela Anderson méconnaissable. Ils sont réunis sur une obscure île pour résoudre une série d'incidents paranormaux. Un peu détectives, un peu cons mais terriblement attachants, les quat'z'amis mènent donc l'enquête. Et le super-héros allez vous me dire ? Je note que pour une fois, et c'est tout à votre honneur, vous suivez un minimum ce que je raconte, je ne peux que m'en réjouir. Et bien, il est là le coup de génie de Raja Gosnell ! Quel courage il lui a fallu pour faire accepter aux producteurs que le super-héros en question serait un chien !
Scooby-Doo est André Dussolier ou André Dussolier est Scooby-Doo, on ne sait plus trop tant l'interprétation du frenchy est impeccable. Cette scène, ou après avoir uriné contre un arbre, Scooby Dussolier se secoue les poils et tente de sodomiser sauvagement Daphnée Anderson est d'une violence rare et d'une vérité criante. Le simple fait d'y penser m'arrache quelques larmes d'émotion, je suis si sensible...
Hors de question pour moi de dévoiler la fin de l'intrigue de ce splendide film. On ne sait jamais, certaines personnes ignorantes n'ont peut-être encore jamais vu ce monument. Du suspense, de l'action, de l'amour et une multitude d'effets spéciaux ont permis à notre ami Raja de se faire des couilles en or. Je rajouterai aussi une bonne dose de flair, lorsqu'au casting, il refusera à Romy Schneider le rôle de l'arbre contre lequel urine Scooby. Quand on connaît un tant soit peu le cinéma, on ne peut que se féliciter de ce choix. D'autant plus, qu'il permettra de relancer la carrière défaillante de Sabine Azéma qui recevra un César du plus beau tronc pour ce rôle humide et boisé.
Voilà, chers amis cinéphiles, j'espère vous avoir un peu éclairci l'horizon et redonné du baume au coeur. Il va vous falloir beaucoup de courage pour affronter ce dimanche électoral, ce chef-d'oeuvre devrait vous y aider.
Je ne suis pas loin de vous faire des poutous partout mais certains d'entre-vous devant avoir les joues collantes, je préfère m'abstenir.
Le cinéma vous aime, ne l'oubliez jamais !
A très vite !
L.B
Salut à vous, amateurs éclairés de films de qualité. Moi qui hante les salles de cinéma d'art et essai, j'ai envie aujourd'hui de vous narrer l'histoire d'une comédie familiale. N'ayez aucune crainte, ce film, télérama et les cahiers du cinéma n'en ont jamais parlé, tant occupés qu'ils sont à défendre des oeuvres chiantes et sans âme. Vous pouvez me faire confiance et j'ose espérer que vous êtes bien conscient de cette chance même si je vous devine ingrat et pas toujours très poli ! Tout ça, je le fais pour qui ? Pourquoi ? Je vous le dis sans détour ! Pour la gloire ! Mais je m'énerve et ce n'est pas le but, concentrez-vous donc un peu je vous en prie.
1996, une année explosive ! Dans l'hexagone, les gens pleurent. En effet, le petit père au labrador, l'empereur au chapeau, est décédé. Je me souviens de cet hommage poignant et des larmes de Laurent Fabius, déclarant devant les caméras du monde entier : "A pu là, tonton, à pu là..."
Heureusement, les français retrouvent vite le sourire grâce à ce grand con de Bruno N'Gotty qui comme souvent, d'une frappe sèche sur coup-franc lointain, permet au Paris-Saint-Germain d'arracher la coupe d'Europe des clubs mauvais. Alors, bien sûr, certains esprits grincheux penseront que cette année 96 est surtout marquée par l'attentat du RER B. J'ai quand même envie de préciser à ces gens-là, que quatre morts dans un attentat, on a vu pire comme drame national. Beaucoup de bruits pour rien, au final.
Plus loin de notre contrée mais pas trop, plus précisément en Belgique, la peine de mort est supprimée de la législation. Un mois plus tard, l'affaire Dutroux éclate. Hasard ou coïncidence ? Là-bas, la question se pose... Aux Etats-Unis, Bilou"Funkadelic" Clinton est élu pour la seconde fois, montrant ainsi au reste du monde que tout est vraiment possible dans ce pays ! Mais 1996 est aussi une année pleine d'espoir comme le prouve la victoire du Sri-Lanka face à L'Australie dans la sixième coupe du monde de cricket.
Mais bien sûr, tous ces évènements ne sont que broutilles par rapport au chef-d'oeuvre de Chris Noonan. Le gars Chris, suite à un pari perdu, échoue en Bretagne. Le choc est rude pour cet australien fan de marmottes et de chocolat. Pourtant, très vite il tombe en amour pour cet animal que les bretons n'assument pas, le cochon ! Vu le nombre de porcheries dans cette région, le porc mériterait largement de remplacer l'hermine sur le drapeau fasciste blanc et noir mais c'est une autre histoire comme aimait le crier Gérard Blanc. De retour à Sydney, Chris met en place l'un des plus extraordinaires tournages que le cinéma ait connu. Plus de 500 animaux seront nécessaires. Ça ne vous parle peut-être pas beaucoup mais en comparaison, c'est quand même 40 fois plus que le très cher et inutile "Titanic" de Tim Burton...
Un porcelet, interprété avec finesse par un Vincent Cassel au sommet de son art, est gagné lors d'une foire agricole par le paysan Hoggett. Marlon Brando, comme souvent, est parfait dans le rôle du fermier un peu naïf, un peu moche et un peu fou. Refusant, pour une sombre histoire de régime sans viande, de le manger, il décide d'en faire son berger ! Quelle folie ! On tutoie les anges lors de cette fameuse scène où Marlon "Hoggett" Brando caresse tendrement Vincent "Babe" Cassel qui, en guise de remerciement, couine comme un nain à qui on aurait coinçé le nez dans une portière. L'histoire d'amour torride et sensuelle entre Babe et Maa, la brebis jouée par une Micheline Dax qui n'en demandait pas tant, me fait, à chaque fois, chialer comme une madeleine. Babe, le cochon devenu berger restera dans les annales des monuments du cinéma également pour l'interprétation, pétrie de beauté et d'agilité incroyable, de Michel Piccoli dans le rôle de Ferdinand le canard. Pour ce rôle, il recevra d'ailleurs l'oscar du meilleur acteur de canard. Récompense suprême et amplement méritée.
Chris Noonan arrête définitivement le cinéma peu de temps après la sortie du film. Il considère, à juste titre, qu'il en a fait le tour. D'autres sources parlent de tout autre chose. Si j'en crois les nombreux forums des fans de Chris, c'est suite à la calamiteuse interprétation de la chatte Duchesse par la toujours tiédasse Romy Schneider qu'il prit cette malheureuse décision. Il nous laisse cette oeuvre magistrale dont s'inspire aujourd'hui, toute une génération de réalisateurs comme Mathieu Kassovitz, pour n'en citer qu'un seul !
Voilà, j'espère, une fois de plus vous avoir donné envie de voir ou revoir ce chef-d'oeuvre. Si ce n'est pas le cas, j'espère au moins vous avoir ouvert l'appétit.
Je ne vous dis pas au-revoir mais plutôt à bientôt ! Je vous sens chaleureux mais de grâce, calmez-vous et cessez donc de m'écrire, c'est très désagréable.
L.B
Hier matin, je me sentais particulièrement en forme. Après un réveil énergique, je suis sorti pour mon jogging avec palmes quotidien. Alors que j'avais à peine effectué dix kilomètres, pour vous donner une idée ça m'a quand même pris une bonne vingtaine de minutes, une idée lumineuse me traverse l'esprit. Je m'arrête aussi sec pour ne pas la laisser passer faisant considérablement baisser ma moyenne, mais qu'importe ! Je me dépalme rapidement et rejoins mon sublime appartement. Une nouvelle mission d'investigation se profile, sans doute au péril de ma vie, une nouvelle fois.
Dans la ville où je vis, Rennes, a lieu tous les ans depuis si longtemps un festival. Jusque-là, pas de quoi fouetter un blaireau, tous les mois ici, il y a des festivals. Si, par hasard, certains footballeurs ou quelques attardés mentaux électeurs du front de la haine me lisent, sachez que je suis heureux de vous apprendre que le pluriel de "festival" n'est pas "festivaux" mais je m'égare.
En ce mois d'avril donc, c'est le tour du festival des "arts de la parole". Chic idée me direz-vous et je ne suis pas loin d'être d'accord avec les propos que je vous prête mais... Mais merde ! Organiser un tel évènement en invitant Cali et Julien Doré, ça ressemble fortement à du foutage de gueule puissance 10 ! C'est aussi con que préparer une blanquette de veau à des végétariens. A ce rythme là, il y a de fortes chances que l'an prochain, les moutons applaudissent Michel Leeb en première partie de Jean-Louis Aubert. Mais d'où vient le succès de ce festival alors ? Et bien, je vous le dis ! Les afters ! Soudainement, quand les spectacles sont enfin terminés et que les bars de la ville ont tiré leurs rideaux, le vrai show commence ! Il fallait que je vois ça.
3H54, après m'être subtilement déguisé en augmentant considérablement ma crinière grâce à de superbes rajouts, je pénètre dans un parc situé en plein centre-ville. Très vite, je me force à tituber. En effet, si un des videurs remarque ma sobriété, je peux être viré comme une merde en moins de dix minutes chrono. Au milieu d'une pelouse habituellement interdite au commun des mortels, se dresse l'endroit recherché par tant d'individus branchés de la capitale bretonne. Le bar des afters du festival Mythos !
Là, je me rends compte que je ne possède pas le sésame pour entrer dans ce lieu mystérieux. Ni une, ni deux, je rebrousse chemin. J'ouvre mes yeux bien grands et devine un jeune homme occupé à uriner difficilement contre une haie. Doucement, je m'approche. Je le claque et clic-clac, le cou claque comme dirait l'auteur-compositeur-interprète pour cons, Thomas Dutronc. Je trouve facilement le petit ticket d'entrée, il était planqué dans le portefeuille de l'hurluberlu, entre deux billets de 50 euro et trois capotes. Je pousse le pissou fébrile avec les pieds et je reviens tranquillement vers l'entrée du zoo.
L.B
L.B-