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Moi, c'est le cinéma. (11)

Salut chers amis du bon goût et camarades de la toile ! Vous n'êtes pas sans savoir que s'ouvre aujourd'hui à Cannes, le 65ème festival international du film chiant. Hasard ou coïncidence, c'est aussi aujourd'hui que sera dévoilé le nouveau gouvernement socialiste. C'est donc avec joie, fierté et honneur que je vous offre cette petite et modeste chronique ciné-politique. C'est le jour ou jamais !

1967, c'est le marasme total. Charlot De Gaulle, ivre mort à Montréal hurle comme un fou "Vive le Québec libre !" Ernesto Che Guevara soigne son image de rebelle incompris en se faisant capturer puis exécuter comme un chien en Bolivie et comble du malheur, Elvis Presley se marie à l'âge de 33 ans, causant involontairement des milliers de suicides de vieilles fille sèches qui rêvaient toutes d'être l'élue. Dans l'hexagone par contre, c'est la fête ! La couleur apparaît pour la première fois dans le petit écran et la carte bleue voit le jour. Alors bien sûr, il y a ces émeutes en Guadeloupe qui viennent ternir ce tableau idyllique. Comme dit Valérie Rosso-Debord : " Mais, bon, c'est la Guadeloupe..." Il faut dire que, selon les sources, ces émeutes font entre 7 et 200 victimes. Des ouvriers du bâtiment qui osaient faire grève pour réclamer une augmentation de salaires et des meilleures conditions de travail. Vraiment, le Guadeloupéen n'a peur de rien. Enfin, mis à part ce petit incident, tout baigne ! J'en veux pour preuve Dalida qui remplit l'Olympia et notre Johnny qui lui, remplit Sylvie Vartan. C'est donc dans cette ambiance internationalement triste mais nationalement euphorique qu'apparaît un chef-d'œuvre signé Robert Aldrich.

L'histoire est simple. Quelques semaines avant le débarquement en Normandie, douze individus, tous criminels, dangereux et condamnés à mort sont envoyés en mission suicide. Il s'agit de tuer un maximum de généraux allemands installés dans un château en France. Ce qui est nettement moins simple par contre, c'est le choix des acteurs. Robert Aldrich s'est creusé le ciboulot pendant des mois. Des nuits sans dormir, frôlant la dépression certes, mais le résultat de cette intense réflexion donne tout simplement l'un des plus beaux castings de l'histoire du cinéma.
A tout seigneur, tout honneur, c'est le petit Jean-Marc Ayrault, alors complètement inconnu qui joue le rôle du chef sévère de tous ces individus dangereux, le commandant John Reisman. Chaque personnage a un rôle bien précis dans cette opération secrète. Ainsi, le colonel Everett, joué par un envoûtant Laurent Fabius est chargé de prendre le pouls de l'ennemi. Manuel Valls, dont c'est la première apparition cinématographique s'occupe lui du bon fonctionnement des armes et de l'approvisionnement des munitions. Cette scène où il menace, armé d'une matraque télescopique en or, le responsable du transport, Vernon Pinkley aka Robert Hue est d'une rare violence.
Durant le long et difficile tournage, il aura fallu, en plus du courage, une sacrée dose de patience à notre ami Bébert Aldrich. Entre ceux qui trouvent que leur rôle n'est pas assez conséquent, comme par exemple, Jean-Pierre Chevènement qui interprète pourtant avec brio un piéton qui se fait renverser par une gazelle dans les 3 premières minutes du film et ceux qui refusent  d'être filmés à poil comme Arnaud Montebourg, il lui aura fallu faire preuve d'une sacrée diplomatie. Quotidiennement à apaiser les âmes et calmer les ego démesurés de ces acteurs aux nombrils proéminents, la vie de réalisateur n'est pas des plus tranquille.
Loin de moi l'idée de dévoiler tous les noms plus ou moins célèbres qu'on retrouve dans ce monument mais je ne peux pas passer sous silence l'interprétation fabuleuse et héroïque de Pierre Arditi dans le rôle ingrat du général allemand un peu fou et épicurien. Et puis il y a l'amour ! Cet amour impossible entre une sirène jouée par une très bandante Catherine Trautmann et un pêcheur reconverti dans l'exécution sommaire interprété avec grâce et souplesse par Julien Dray.
Les Douze Salopards ne sera jamais récompensé au festival de Cannes. Une injustice qui fera pleurer Jack Lang, présent dans le film en tant que premier assistant du stagiaire chargé des ampoules 60 watts à baïonnette. C'est le public qui fera de ce film une œuvre majeure du cinéma et non pas ces critiques gras et pédants qu'on retrouve plus souvent dans les cocktails qu'assis dans un fauteuil d'une salle obscure. De l'action, des rires, des pleurs, du cul, des trahisons etc... C'est nos chiennes de vies résumées en à peine deux heures trente. L'émotion me saisit et les mots me manquent. Un dernier petit clin d'œil et un sacré coup de chapeau à Ségolène Royal qui interprète Romy Schneider. Elle y est incroyable, amorphe, folle et désastreuse comme la véritable Romy, ce n'est pas un mince exploit.

Voilà, chers gourmets de la pellicule, j'ose espérer qu'après avoir lu ça, vous allez vous précipiter sur ce film pour le voir, le revoir, le re-revoir et plus encore. Nous nous retrouverons bientôt pour encenser encore et toujours ces films tant décriés à leur sortie. En attendant, je vous salue de loin car j'ai peur de vos glaires. A bientôt.

L.B

Posted May 16, 2012

Quelques mesures pour vivre mieux. (1)

Je ne sais pas comment ça se passe dans vos cerveaux mais, personnellement, je me pose souvent des questions totalement inutiles. Et comme je suis quelqu'un qui ne refuse pas le partage, j'ai décidé de vous en faire profiter. Je ne doute pas un instant de vos capacités d'analyse foudroyante, c'est pourquoi, non content de répondre approximativement à la question qui va suivre, nous élargirons ensemble ce sujet sensible et proposerons des solutions pour le futur. L'avenir c'est demain, préparons le dès aujourd'hui !

Pourquoi le footballeur professionnel est-il stupide ?
Alors bien sûr, certains vont hurler en se disant, "il est trop con ce type, stigmatiser comme ça une partie de la population, c'est honteux !" Alors, que les choses soient claires, si il y a bien une chose dont je me fous complètement, c'est la stigmatisation. Ce mot est tellement utilisé à toutes les sauces qu'il faut se méfier. Si, par exemple, vous avez le malheur de déclarer un peu fort que la boulangerie en bas de chez vous est dégueulasse, vous stigmatisez toute la profession. Si, votre voisin blond d'environ 1m85 vous emmerde car il s'entête à faire chier ses deux chiens tous les jours devant la porte de votre immeuble, ne soyez pas surpris d'être accusé de stigmatiser tous les blonds d'1m85 environ et propriétaires de deux chiens. Alors, cessez donc de pleurer bêtement et revenons à nos moutons les footballeurs.
On considère, à juste titre, qu'un footballeur est intelligent quand il sait s'exprimer correctement pendant au moins trente secondes et que sa coiffure n'est pas ridicule. Il faut donc bien le dire, la grande majorité des footballeurs est complètement stupide. A force de se prendre des ballons quotidiennement sur le crâne, il est normal que la mécanique de précision situé au niveau du cortex s'abîme beaucoup plus vite qu'un humain ordinaire qui ne manie pas la baballe tous les matins, midi et soir. Mais est-ce la seule raison ?
Non, évidemment non ! Je me souviens encore de ma grand-mère me répétant toute mon adolescence : "Toi, si tu continues à glander à l'école, tu finiras footballeur." J'ai eu beaucoup de chance, j'ai continué à ne rien faire et je ne le suis pas devenu. Mais pourquoi donc ? C'est très simple, je ne suis pas très doué pour ce jeu où tu ne peux jamais être tranquille. Entre les cons d'en face qui veulent te piquer le ballon et tes coéquipiers qui veulent que tu lui leur donne, c'est un peu chiant. Je préfère nettement les sports individuels comme le sudoku ou le tricot, au moins, personne ne vient t'emmerder.
Quand j'entends parler Franck Ribéry, je ne peux pas m'empêcher de penser que le travail de ses instituteurs a été défaillant. Merde, voilà que je suis en train de stigmatiser l'éducation nationale... On devrait se servir de tous ces footballeurs et surtout des ex, qui deviennent subitement consultants et commentateurs, pour lutter contre l'analphabétisme. Tous les Lizarazu, Gravelaine ou encore Leboeuf sont à la langue française ce que Thomas Dutronc et Benabar sont à la musique, des erreurs.
Mais comment fabrique t'on un footballeur stupide ?
C'est très simple. Aux quatre coins du pays, des recruteurs mercenaires repèrent des enfants doués pour le ballon. Très vite, des clubs proposent alors à la famille un petit paquet d'oseille en échange de l'enfant. On l'amène dans un centre de formation, sorte de caution pour les parents que leur rejeton ne va pas stopper immédiatement les études et on s'occupe du petiot de A à Z. Quand le futur Platini a le bonheur, quelques années plus tard, de signer un contrat professionnel, tout s'accélère. Il faut rendre docile la petite perle. On lui offre un salaire indécent, on lui trouve une maison luxueuse et cerise sur le gâteau, on lui trouve même une femme, docile elle aussi. Il faut que le prodige soit libéré de toutes contraintes. Pendant ce temps là, vous l'avez deviné, les études, l'éducation et la culture sont passées à la trappe. Vivant dans un monde artificiel, le footballeur devient alors un être complètement sot et incapable de réfléchir par lui même. Il bafouille bêtement dès qu'un journaliste sportif, qui n'est pourtant pas une flèche, lui pose une question, inventant même des mots sans le vouloir. Le plus bel exemple étant les questions que Laurent Paganelli, ex star des Verts, posent aux joueurs lors des matchs diffusés le dimanche soir sur canal plus. Quand un idiot parle à un niais.
L'idiot : "Alors Mathieu, content d'avoir marqué deux buts ?"
Le niais : "J'suis content pour l'équipe, le coach, ma mère, mon agent et ainsi que bien sur pour moi-même."

Tout ça pour vous dire au final que lors des prochaines élections dictatoriales de 2017, auxquelles je me présenterai avec un bonheur non dissimulé, je proposerai que tous les footballeurs soient immédiatement fusillés sur la place publique. Ils seront aussitôt remplacés par des vieux philosophes chiant comme un livre de Philippe Sollers. On verra alors si il y a encore beaucoup de blaireaux avinés dans les kops de supporters à soutenir leur équipe d'intellos. Et allons plus loin, osons l'impossible ! J'ordonnerai aux présidents des clubs de disposer sur chaque siège du stade, tel un missel à l'église, un dictionnaire.
Des idées comme celle-ci, nous pouvons en pondre des centaines par mois. Tout déconstruire, brique par brique pour bâtir un nouveau monde. C'est l'objectif qui doit être le notre jusqu'à cette date fatidique de notre consécration. Si ça ne vous dérange pas trop, je prendrais le pouvoir. Avouez quand même que jusqu'ici, vous n'avez rien glandé alors que moi, je n'arrête pas. Ceci est donc tout à fait logique. Bientôt, je vous expliquerai pourquoi et comment nous supprimerons, avé le sourire en plus, les congés payés et rétablirons la peine de mort pour les chômeurs en fin de droit.
En attendant ces jours meilleurs, je ne traine pas, ce soir, y'a match !

L.B

Posted May 11, 2012

Moi, c'est le cinéma. (10)

Chers amis cinéphiles, enfin je vous retrouve ! Vous allez me dire que ma dernière chronique sur le vrai cinéma n'est pas si vieille et vous avez sans doute raison. Oui, mais voilà, j'ai passé ces derniers jours à éliminer un à un de mon entourage les individus certains de détenir la vérité, m'ordonnant en beuglant de voter pour la peste plutôt que le choléra et inversement. Tous ces parasites qui veulent me faire passer pour un inconscient de ne pas me rendre aux urnes dimanche prochain. A toutes ces petites personnes minables se comportant comme des vulgaires curés de campagne, je voudrais juste dire que si par hasard, il y avait eu un candidat de gauche au second tour, je me serai probablement déplacé pour voter pour lui. Sauf erreur de ma part, ce n'est pas le cas. Cessez donc, s'il vous plaît, de me casser les couilles. D'avance, merci. Vous comprenez maintenant un peu mieux, après tous ces coups de pied dans les yeux allègrement distribués, que ma joie de vous retrouver n'est pas feinte. Une dernière chose cependant. Ceux qui demain voire dans quelques minutes vont m'expliquer que je vais donc faire le même choix que la mère Le Pen mériteraient d'être immédiatement fisté à coups de batte. Car, je vais vous faire une confession étonnante, j'ai un autre point commun avec la présidente du front de la haine. Tous les jours, ou presque, comme elle, j'ai envie de chier, je pense donc, en toute logique, adhérer à ce parti... Soyons sérieux cinq minutes et causons cinéma !

1937, dire que le pays se porte bien est un poil exagéré. On nage plutôt en pleine gastro juste avant l'entérite, dans le vomi qui précède la diarrhée. Surnommé La Cagoule, des terroristes d'extrême-droite multiplient les attentats et les crimes. Soutenus notamment par Eugène Schuller, fondateur de L'Oréal et André Bettencourt, le mari de la très vieille femme que vous connaissez, ils tentent même un coup d'état heureusement avorté avec une facilité déconcertante par Albert Lebrun, le bien-nommé. Le franc est dévalué et Blum fait boum. Seule éclaircie dans la pénombre, la victoire au rallye de Monte-Carlo de René Le Bègue.
Autour de nous, on ne peut pas dire non plus que ce soit l'extase totale. En Allemagne, on déporte et on extermine déjà. En Espagne, au Nicaragua, au Paraguay, des guerres et des dictatures fleurissent. Heureusement, au milieu de ce marasme, la Birmanie devient partiellement autonome.

C'est comme souvent un chef d'oeuvre du septième art qui va soulager, l'espace d'un moment, la planète. Jean Renoir, fils de l'auguste Auguste, s'ennuie ferme depuis la fin de la première guerre mondiale. Sentant la seconde venir, il décide de raconter son expérience dans un film. La grande illusion n'est pas un simple film de guerre de plus, c'est Le chef d'oeuvre absolu du genre ! Celui qui va inspirer, un peu plus tard, Pierre Richard quand il réalisera Apocalypse Now.
L'avion du lieutenant Maréchal et du capitaine De Boëldieu est abattu par l'ennemi germanique. Les deux hommes sont capturés et amenés dans un camp en Allemagne. Maréchal est joué par Darry Cowl, plus drôle que jamais. Ah, cette scène où il imite Tarzan, se tapant les poings sur la poitrine pour faire peur aux soldats teutons est tout bonnement hilarante. Le capitaine est interprété par Elvis Presley, le king pas encore roi mais déjà pourvu d'un sacré déhanché, surtout quand on le voit creuser un tunnel pour essayer de s'évader du camp.
Sur place, ils rencontrent un tas d'amis ! Parmi eux, Demolder, l'amoureux des lettres, joué par un Samy Naceri au sommet de son art ou encore Rosenthal, un lieutenant issu d'une riche famille juive qu'interprète un Eddie Murphy débutant. Militant et engagé le Jeannot Renoir quand il décide de conter l'histoire d'amour entre le capitaine Elvis De Boëldieu et l'officier allemand Von Rauffenstein ! A cette époque, oser parler de l'homosexualité militaire est pénalement répréhensible. Pourtant, il ne sera jamais inquiété, grâce sans doute, à l'interprétation pleine de douceur de Dolph Lundgren dans le rôle de l'officier allemand pétri de remords. Un rôle qui lui vaudra, au passage, le prix nobel de la paix, rien que ça !
Après moult rebondissements, seuls Darry Maréchal et Eddie Rosenthal réussissent à s'échapper. Ils vont s'échouer en Suisse, dans une ferme où une mère et sa fille font tant bien que mal tourner l'exploitation. Nos petits soldats se transforment alors en fermiers, un jour au cul de la vache, un autre au cul de la maîtresse des lieux qu'une Catherine Deneuve plus désirable que jamais interprète avec une classe qu'elle tentera de retrouver plus tard, en vain. Le rôle secondaire de la vache revenant à Romy Schneider qui, il faut bien le dire, n'est guère crédible. Une fois de plus, malheureusement...
La suite, je vous conseille de la regarder si vous n'avez jamais vu ce monument ou de la revoir si vous avez bon goût. Voilà, une fois de plus, j'espère vous avoir donné envie. L'envie d'avoir envie comme dit le philosophe.

Les jours qui arrivent risquent d'être un peu tendus. C'est donc le moment idéal pour courir vous mettre à l'abri dans une salle sombre munie d'un écran et de sièges presque confortables. N'hésitez pas, ça vous fera le plus grand bien.
Tant que le ciné m'a, tout va !
Je vous embrasse mais je n'y mets pas la langue, faut pas pousser.

L.B

 

Posted May 2, 2012

Demain, c'est déjà l'avenir.

Hier matin, alors que je m'amusais à faire une petite série de pompes juste devant la boulangerie avant d'y rentrer pour y acheter mon flan quotidien, oui j'adore le flan, et alors ? Ça vous choque ? Bref, juste devant moi, une dizaine d'individus au look précaire, des chômeurs sans doute, agitaient des banderoles. Sur l'une d'elle, on pouvait lire "François Fion, tu l'as dans le cul !" Sur le coup, j'avoue, j'ai souri mais très vite, je suis rentré chez moi car le flan, ça n'attend pas. Ce n'est que vers 15H12 que j'ai repensé à ces drôles de types et leurs pancartes.

Le 06 mai, tout ce que compte l'UMP de vautours et de hyènes (ça fait du monde) va commencer, en interne, à se placer en vue de la prochaine échéance présidentielle de 2017. L'ennemi se combattant toujours mieux de l'intérieur, il va bien falloir que l'un d'entre nous s'y frotte. Noyauter le très bientôt ex parti présidentiel pour mieux l'anéantir et lui enlever toute ambition. Comme évidemment, je ne peux pas compter sur vous mais surtout, ayant la chance de posséder un accélérateur de mouvements, je vais donc m'y coller. Pour les moins cultivés d'entre-vous, un accélérateur de mouvements, c'est une machine à remonter le temps mais dans l'autre sens. Le seul petit souci est qu'il faut pédaler comme un dératé pour y arriver. Étant né dans un pays de cyclisme, j'ai le mollet affûté et question sacrifice, j'ai déjà passé deux jours sans me droguer ! Cette mission est donc faite pour moi !

Août 2012. Avant d'émettre la moindre critique car je vous vois venir, essayez donc déjà d'aller à après-demain dès maintenant et on en reparlera...
Août 2012, je prends mon solex et me rend au bois de Boulogne. C'est en effet en pleine campagne qu'a lieu, sous un chapiteau très cosy, le congrès de reconstruction de l'UMP. J'ai bien fait de choisir le solex, des centaines de bus sont là, je vous raconte pas le bordel pour se garer. Heureusement Claude Guéant, coiffé d'un sombrero et arborant un gilet jaune, s'occupe de la circulation. Il a l'air heureux et apaisé. A peine rentré dans la teuf, Roselyne Bachelot, robe jaune à frou frou sur ballerines roses me propose en bavant de la blanquette. "Z'allez bien prendre une petite barquette de veau !" me lance-t'elle en me pinçant les fesses. Surpris, je refuse poliment et m'enfonce un peu parmi les centaines de militants qui grouillent. Je trouve une place, m'installe confortablement et me roule un petit joint. Aussitôt, Rachida se pose lourdement à ma droite, sort un garrot, me sourit en me traitant de petit joueur.
C'est Éric Besson le monsieur loyal. Haut-de-forme, queue de pie et mocassins, il agite ses petits bras pour chauffer la salle, n'hésitant pas à faire la roue tel un paon, fier et suffisant. Il nous explique, dans un français quasiment parfait, le déroulement de la soirée. Ceux qui le souhaitent pourront venir sur scène faire des propositions constructives et ainsi sauver le pays de tous ces gauchistes qui ont kidnappé le pouvoir. Oui, pour un membre de l'UMP, un socialiste est un gauchiste alors que pour un gauchiste un socialiste est de droite. Bon Dieu que c'est complexe !
En attendant, ceux qui vont mourir viennent nous saluer. C'est Pierre Méhaignerie qui ouvre le bal. Fidèle à son habitude, il est d'une mollesse incroyable. Il tente vainement d'expliquer qu'il s'agit tout d'abord de reconquérir les campagnes. Ces coins perdus où la mère Le Pen a fait des cartons. Il parle de politique sociale mais est immédiatement coupé par une foule qui crie son mécontentement. Une bronca savamment orchestrée par Laurent Wauquiez qui se décroche la mâchoire tellement il gueule comme un supporter aviné. Pierrot s'en va, triste et frustré comme l'a toujours été sa vie. Des lumières rouges et bleues jaillissent subitement. Musique symphonique et écran de fumée. Au bout de quelques minutes, on devine une femme à moitié nue qui se trémousse autour d'un pilier imitation marbre.
"C'est le pt'it cul de Jeannette, le pt'it cul de Jeannette " chante Jean-Claude Gaudin, l'oeil rougit et la bave aux lèvres. Je regarde attentivement la scène, il s'agit bien de Jeannette Bougrab qui offre une lap-dance des plus sensuelles. "Quelle salope" vomit à côté de moi l'amie Rachida avant de se rendormir les yeux grands ouverts comme elle fait tout le temps.
Pendant que Nadine Morano passe dans les rangs pour proposer des rafraîchissements, du pop-corn, des glaces, ses capotes usagées et autres langues de belle-mère, Jean-François Coké est sur la petite estrade au centre de la scène. Il est nerveux et se force à sourire. Ses dents sont blanches et aiguisées. Il dit vouloir rassembler la famille UMP mais enchaîne en accusant François Fion d'avoir divisé le parti. Ce pauvre Fion, il n'a pas de cul. Coté jardin, Xavier Tramber lui fait des doigts d'honneur et côté cour, Michèle Alliot-Marie le dévore des yeux. Sur scène, depuis quelques minutes, c'est la débandade. Tout le monde veut prendre la parole et tente de s'accaparer le micro pour faire taire ce Jeff. De Raffarin à Bruno Le Maire, tout le monde crie sur tout le monde, le public est interdit et n'y comprend plus rien. Je profite de ce moment de flottement pour déjouer aisément le service de sécurité et monte sur scène. J'arrache le micro tant convoité juste avant qu'Alain Juppé s'en saisisse, ouf !
J'ai devant moi la foule de militants UMP. Des moches, des beaux, des gros, des maigres, des retraités, des jeunes, des sportifs, des intellectuels, des gens comme vous, d'autres comme moi. Tel un prédicateur noir américain en pleine transe, je leur demande poliment mais fermement de fermer un peu leurs gueules. "Chers amis, du calme ! Vous les courageux, les vrais !" Ces quelques mots suffisent à apaiser considérablement l'ambiance surchauffée. "Il faut oublier, tout peut s'oublier. Il faut tourner la page, changer de paysage." A l'écoute de ces vers, Frédéric Lefevbre confie à son voisin Mitterrrand : "Citer Churchill, quel courage et quelle culture !" J'enchaîne ! "Le monde évolue, cette crise qui nous ronge, nous devons la combattre tous ensemble !" Je n'ai encore rien proposé mais le public semble sous le charme. Laissez moi vous dire au passage que ce n'est pas à vous que ça serait arrivé. "Confiez-moi les clefs et nous construirons la France de demain. Une France fermée, blanche et catholique !" Celle-là, je l'avais préparé pour me mettre dans la poche les plus extrêmes de la famille. Et ça marche ! Christine Boutin branlotte un crucifix en pleurant de joie tandis que Christian Vanneste exulte, de la morve brille sous son museau, signe chez cet homme-là, d'une grande satisfaction.
"Obligeons les bénéficiaires du RSA, qui sont tous de gauche, à travailler au service du pays. Relançons le bâtiment en construisant de nouvelles prisons et taxons les smicards ! Ça ne les dérangera pas plus que ça, ils n'ont aucune ambitions et sont habitués à vivre avec pas grand-chose." Je m'emballe complètement et derrière moi, tous les barons du parti sont en train de s'étriper, s'insultant copieusement devant une foule qui ne sait plus si elle doit applaudir ou huer. C'est cuit, les mines sont défaites et je n'arriverai pas à les convaincre de me faire confiance. Discrètement, je sors de scène prétextant une envie pressante.

Sur le chemin qui me mène aux toilettes, j'essaie d'analyser les raisons de cet échec. Ce parti est tellement occupé à chercher son futur pur-sang que vouloir le noyauter ne sert à rien et vouloir l'anéantir est inutile. Ils s'en chargent très bien eux-même. Aux chiottes, rien d'anormal, ça pue la merde. En train de se recoiffer devant la glace, je reconnais immédiatement Benjamin Lancar. Je me précipite agressivement et lui enfonce la tête dans la cuvette la plus proche pendant deux bonnes minutes. Violence gratuite me direz-vous mais peut-on vraiment parler de délit quand il s'agit de ce petit homme stupide ? Évidemment non ! Ce rare moment de joie m'a détendu. Je reprends mon solex, plein d'espoir pour le futur de notre pays. Qui sait ? Dans moins de cinq ans maintenant, la France pourrait bien, pour la première fois de son histoire, élire une femme au plus haut poste de l'Etat. Le seul hic, c'est qu'elle sera blonde.

L.B

 

C'est lundi...

On a beau savoir depuis belle lurette que la France est un pays de gros cons racistes, c'est toujours comme ça, les lendemains d'élections, on se réveille avec un sentiment de honte. Alors, un peu de musique ne va pas nous faire de mal.

Après un premier album sorti sur Sacred Bones qui m'avait déjà bien plu, les australiens de Slug Guts remettent le couvert avec quatre titres. Ca sent la drogue à plein nez, c'est poisseux et musicalement on peut dire qu'il s'agit de swamp noise sans trop se tromper. C'est le label Hozac Records qui sort ce disque.

Slugguts

Houston, Texas maintenant avec Balaclavas pour la sortie de leur nouvel effort sur le label Dull Knife. Un EP baptisé "Second Sight" sombre et efficace.

Balaclavas_-_second_sight_2012_dull_knife
On finit cette petite sélection avec Dan Melchior et son blues au son si reconnaissable. C'est encore le label Hozac Records qui sort ce disque, trois titres dont ce "Yachts" qui donne son nom à l'objet.

 

 

Dan_melchior_-_yachts_-_hozac_records_2012

L.B

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Moi, c'est le cinéma. (9)

Après une longue et douteuse hésitation, j'ai décidé aujourd'hui de ne pas vous parler de politique. Pourtant, ce n'est pas l'envie qui me manque. La vague Mélenchon est telle que je me suis même inscrit aux cours du soir pour apprendre le russe, je suis très prévoyant. Il faut dire que l'ex-ministre de Lionel Jospin est sans doute le révolutionnaire que le pays attend depuis Gaston Defferre. Non ? Ah bon...
Bref, plutôt que de se comporter comme un parfait petit dictateur, obligeant ses proches à aller déposer dans une urne un bulletin avec lequel, personnellement, je n'oserai même pas me torcher, je préfère vous faire rêver. Et quoi de mieux, je vous le demande, qu'un chef-d'oeuvre du septième art pour se laisser aller à rêvasser d'un monde meilleur ? Et bien, rien mon con !
 
2002, le rot devient la langue officielle d'une grande partie du continent européen, permettant ainsi en France, à Jean-Pierre Raffarin d'être nommé premier ministre bossu d'une république improbable. Une rude bataille que l'enfant terrible du Poitou remporte d'un cheveu, au nez et à la barbe de Maurice Papon, libéré un poil trop tard pour espérer se présenter à ce poste qui lui était pourtant promis. Mais l'évènement le plus marquant dans l'hexagone est sans doute le terrible drame que nous gardons tous en mémoire. En avril, ne te découvre pas d'une pile ! Et pourtant... Sortant dans la rue sans son sous-pull pour s'alimenter en crack, le grand Francis Lemarque est assassiné par une crise cardiaque qui traînait dans le quartier. Le pays est en deuil, plus rien ne sera comme avant.
Dans le reste du monde, qui est je vous le rappelle, constitué principalement d'étrangers, il ne se passe pas grand chose d'intéressant hormis bien sûr, la création de la ligue mondiale de water-polo. Quelques légers cyclones et autres drames météorologiques tentent bien de se montrer mais rien n'y fait. Glauque, le monde est glauque. En cette année 2002, ces paroles du triste con Luc Plamondon sont, plus que jamais, d'actualité.
 
Et puis, au beau milieu de la torpeur et du chaos, arrive une éclaircie. Un moment d'éternité que l'on doit à Raja Gosnell, réalisateur génial et malheureusement méconnu. Petit, Raja passait son temps à regarder la télévision en dévorant des sucettes au saindoux. Il en gardera une légère tendance au surpoids mais surtout un amour démesuré pour les dessins-animés. C'est sans doute en repensant à son enfance qu'il se lance dans le tournage d'une histoire complètement folle, drôle et émouvante.
Quatre amis et un super-héros plongent au coeur d'une histoire haletante et il faut bien le dire, sacrément flippante. Il y a Véra, la niaise rigolote, un rôle que vit véritablement Jodie Foster. Fred, le cerveau du groupe est quant à lui joué par un Arnold Schwarzenegger que l'on avait pas connu aussi cérébral depuis le Robocop d'Orson Welles. C'est aussi la première apparition à l'écran de Michael Douglas dans le rôle de Sammy, grand puceau boutonneux et froussard, reluquant sans cesse le cul de Daphnée, interprétée avec une grande finesse par une Pamela Anderson méconnaissable. Ils sont réunis sur une obscure île pour résoudre une série d'incidents paranormaux. Un peu détectives, un peu cons mais terriblement attachants, les quat'z'amis mènent donc l'enquête. Et le super-héros allez vous me dire ? Je note que pour une fois, et c'est tout à votre honneur, vous suivez un minimum ce que je raconte, je ne peux que m'en réjouir. Et bien, il est là le coup de génie de Raja Gosnell ! Quel courage il lui a fallu pour faire accepter aux producteurs que le super-héros en question serait un chien !
Scooby-Doo est André Dussolier ou André Dussolier est Scooby-Doo, on ne sait plus trop tant l'interprétation du frenchy est impeccable. Cette scène, ou après avoir uriné contre un arbre, Scooby Dussolier se secoue les poils et tente de sodomiser sauvagement Daphnée Anderson est d'une violence rare et d'une vérité criante. Le simple fait d'y penser m'arrache quelques larmes d'émotion, je suis si sensible...
Hors de question pour moi de dévoiler la fin de l'intrigue de ce splendide film. On ne sait jamais, certaines personnes ignorantes n'ont peut-être encore jamais vu ce monument. Du suspense, de l'action, de l'amour et une multitude d'effets spéciaux ont permis à notre ami Raja de se faire des couilles en or. Je rajouterai aussi une bonne dose de flair, lorsqu'au casting, il refusera à Romy Schneider le rôle de l'arbre contre lequel urine Scooby. Quand on connaît un tant soit peu le cinéma, on ne peut que se féliciter de ce choix. D'autant plus, qu'il permettra de relancer la carrière défaillante de Sabine Azéma qui recevra un César du plus beau tronc pour ce rôle humide et boisé.
 
Voilà, chers amis cinéphiles, j'espère vous avoir un peu éclairci l'horizon et redonné du baume au coeur. Il va vous falloir beaucoup de courage pour affronter ce dimanche électoral, ce chef-d'oeuvre devrait vous y aider.
 
Je ne suis pas loin de vous faire des poutous partout mais certains d'entre-vous devant avoir les joues collantes, je préfère m'abstenir.
Le cinéma vous aime, ne l'oubliez jamais !
A très vite !
 
L.B

Moi, c'est le cinéma. (8)


Salut à vous, amateurs éclairés de films de qualité. Moi qui hante les salles de cinéma d'art et essai, j'ai envie aujourd'hui de vous narrer l'histoire d'une comédie familiale. N'ayez aucune crainte, ce film, télérama et les cahiers du cinéma n'en ont jamais parlé, tant occupés qu'ils sont à défendre des oeuvres chiantes et sans âme. Vous pouvez me faire confiance et j'ose espérer que vous êtes bien conscient de cette chance même si je vous devine ingrat et pas toujours très poli ! Tout ça, je le fais pour qui ? Pourquoi ? Je vous le dis sans détour ! Pour la gloire ! Mais je m'énerve et ce n'est pas le but, concentrez-vous donc un peu je vous en prie.
 
1996, une année explosive ! Dans l'hexagone, les gens pleurent. En effet, le petit père au labrador, l'empereur au chapeau, est décédé. Je me souviens de cet hommage poignant et des larmes de Laurent Fabius, déclarant devant les caméras du monde entier : "A pu là, tonton, à pu là..."
Heureusement, les français retrouvent vite le sourire grâce à ce grand con de Bruno N'Gotty qui comme souvent, d'une frappe sèche sur coup-franc lointain, permet au Paris-Saint-Germain d'arracher la coupe d'Europe des clubs mauvais. Alors, bien sûr, certains esprits grincheux penseront que cette année 96 est surtout marquée par l'attentat du RER B. J'ai quand même envie de préciser à ces gens-là, que quatre morts dans un attentat, on a vu pire comme drame national. Beaucoup de bruits pour rien, au final.
Plus loin de notre contrée mais pas trop, plus précisément en Belgique, la peine de mort est supprimée de la législation. Un mois plus tard, l'affaire Dutroux éclate. Hasard ou coïncidence ? Là-bas, la question se pose... Aux Etats-Unis, Bilou"Funkadelic" Clinton est élu pour la seconde fois, montrant ainsi au reste du monde que tout est vraiment possible dans ce pays ! Mais 1996 est aussi une année pleine d'espoir comme le prouve la victoire du Sri-Lanka face à L'Australie dans la sixième coupe du monde de cricket.

Mais bien sûr, tous ces évènements ne sont que broutilles par rapport au chef-d'oeuvre de Chris Noonan. Le gars Chris, suite à un pari perdu, échoue en Bretagne. Le choc est rude pour cet australien fan de marmottes et de chocolat. Pourtant, très vite il tombe en amour pour cet animal que les bretons n'assument pas, le cochon ! Vu le nombre de porcheries dans cette région, le porc mériterait largement de remplacer l'hermine sur le drapeau fasciste blanc et noir mais c'est une autre histoire comme aimait le crier Gérard Blanc. De retour à Sydney, Chris met en place l'un des plus extraordinaires tournages que le cinéma ait connu. Plus de 500 animaux seront nécessaires. Ça ne vous parle peut-être pas beaucoup mais en comparaison, c'est quand même 40 fois plus que le très cher et inutile "Titanic" de Tim Burton...
Un porcelet, interprété avec finesse par un Vincent Cassel au sommet de son art, est gagné lors d'une foire agricole par le paysan Hoggett. Marlon Brando, comme souvent, est parfait dans le rôle du fermier un peu naïf, un peu moche et un peu fou. Refusant, pour une sombre histoire de régime sans viande, de le manger, il décide d'en faire son berger ! Quelle folie ! On tutoie les anges lors de cette fameuse scène où Marlon "Hoggett" Brando caresse tendrement Vincent "Babe" Cassel qui, en guise de remerciement, couine comme un nain à qui on aurait coinçé le nez dans une portière. L'histoire d'amour torride et sensuelle entre Babe et Maa, la brebis jouée par une Micheline Dax qui n'en demandait pas tant, me fait, à chaque fois, chialer comme une madeleine. Babe, le cochon devenu berger restera dans les annales des monuments du cinéma également pour l'interprétation, pétrie de beauté et d'agilité incroyable, de Michel Piccoli dans le rôle de Ferdinand le canard. Pour ce rôle, il recevra d'ailleurs l'oscar du meilleur acteur de canard. Récompense suprême et amplement méritée.

Chris Noonan arrête définitivement le cinéma peu de temps après la sortie du film. Il considère, à juste titre, qu'il en a fait le tour. D'autres sources parlent de tout autre chose. Si j'en crois les nombreux forums des fans de Chris, c'est suite à la calamiteuse interprétation de la chatte Duchesse par la toujours tiédasse Romy Schneider qu'il prit cette malheureuse décision. Il nous laisse cette oeuvre magistrale dont s'inspire aujourd'hui, toute une génération de réalisateurs comme Mathieu Kassovitz, pour n'en citer qu'un seul !

Voilà, j'espère, une fois de plus vous avoir donné envie de voir ou revoir ce chef-d'oeuvre. Si ce n'est pas le cas, j'espère au moins vous avoir ouvert l'appétit.
Je ne vous dis pas au-revoir mais plutôt à bientôt ! Je vous sens chaleureux mais de grâce, calmez-vous et cessez donc de m'écrire, c'est très désagréable.

L.B

L'amour du risque !

Hier matin, je me sentais particulièrement en forme. Après un réveil énergique, je suis sorti pour mon jogging avec palmes quotidien. Alors que j'avais à peine effectué dix kilomètres, pour vous donner une idée ça m'a quand même pris une bonne vingtaine de minutes, une idée lumineuse me traverse l'esprit. Je m'arrête aussi sec pour ne pas la laisser passer faisant considérablement baisser ma moyenne, mais qu'importe ! Je me dépalme rapidement et rejoins mon sublime appartement. Une nouvelle mission d'investigation se profile, sans doute au péril de ma vie, une nouvelle fois.
 
Dans la ville où je vis, Rennes, a lieu tous les ans depuis si longtemps un festival. Jusque-là, pas de quoi fouetter un blaireau, tous les mois ici, il y a des festivals. Si, par hasard, certains footballeurs ou quelques attardés mentaux électeurs du front de la haine me lisent, sachez que je suis heureux de vous apprendre que le pluriel de "festival" n'est pas "festivaux" mais je m'égare.
En ce mois d'avril donc, c'est le tour du festival des "arts de la parole". Chic idée me direz-vous et je ne suis pas loin d'être d'accord avec les propos que je vous prête mais... Mais merde ! Organiser un tel évènement en invitant Cali et Julien Doré, ça ressemble fortement à du foutage de gueule puissance 10 ! C'est aussi con que préparer une blanquette de veau à des végétariens. A ce rythme là, il y a de fortes chances que l'an prochain, les moutons applaudissent Michel Leeb en première partie de Jean-Louis Aubert. Mais d'où vient le succès de ce festival alors ? Et bien, je vous le dis ! Les afters ! Soudainement, quand les spectacles sont enfin terminés et que les bars de la ville ont tiré leurs rideaux, le vrai show commence ! Il fallait que je vois ça.
 
3H54, après m'être subtilement déguisé en augmentant considérablement ma crinière grâce à de superbes rajouts, je pénètre dans un parc situé en plein centre-ville. Très vite, je me force à tituber. En effet, si un des videurs remarque ma sobriété, je peux être viré comme une merde en moins de dix minutes chrono. Au milieu d'une pelouse habituellement interdite au commun des mortels, se dresse l'endroit recherché par tant d'individus branchés de la capitale bretonne. Le bar des afters du festival Mythos !
Là, je me rends compte que je ne possède pas le sésame pour entrer dans ce lieu mystérieux. Ni une, ni deux, je rebrousse chemin. J'ouvre mes yeux bien grands et devine un jeune homme occupé à uriner difficilement contre une haie. Doucement, je m'approche. Je le claque et clic-clac, le cou claque comme dirait l'auteur-compositeur-interprète pour cons, Thomas Dutronc. Je trouve facilement le petit ticket d'entrée, il était planqué dans le portefeuille de l'hurluberlu, entre deux billets de 50 euro et trois capotes. Je pousse le pissou fébrile avec les pieds et je reviens tranquillement vers l'entrée du zoo.

 Les deux costauds n'ont aucune raison de me refuser l'accès, je rentre donc tout en chantant un refrain de la Compagnie Créole et en levant les bras, une fois de plus, vous l'avez deviné, pour passer inaperçu. "Aujourd'hui, je fais ce qu'il me plaît, me plaît, avec mes cheveux."
Comme disait le poète : "Tout le monde est là, je vois que tout le monde est là !" Le bar est véritablement pris d'assaut mais j'avais prévu le coup en scotchant sur mon mollet droit, une petite fiole de limonade albanaise. Nous sommes serrés comme des fayots dans une boite de cassoulet. Une fille qui louche me tend son verre pour trinquer. Je fais semblant de ne pas la voir mais elle est insistante et vient me cracher des conneries dans l'oreille. Au bout de deux minutes, elle me confie qu'elle a pris son pied en écoutant Cali qui jouait en acoustique. Je lui balance immédiatement ma limonade dans les yeux et croyez-moi, la limonade albanaise, c'est une boisson de solide ! Si j'ai un peu de bol et qu'elle est diabétique, elle meurt aussitôt !

 Je me perds dans la foule. Autour de moi, c'est la fête. Pour montrer qu'ils sont importants, certains arborent leur badge comme un petit trophée, bien en évidence. Les plus mentalement atteints le garderont même le lendemain pour aller faire leurs maigres courses à la supérette du coin, on sait jamais, des fois qu'il y aurait une caisse spéciale et plus rapide...
Des techniciens essaient de chopper des meufs en les faisant boire et en racontant des conneries que seuls les techniciens comprennent. Rire gras, cheveux gras, bide gras, tout est gras chez ces gars-là ! Les disc-jockeys sont au top de leur forme. Sur The final countdown du fameux groupe Europe, des filles moches mais en transe montrent leurs culs, juchées sur des cubes en bois, le tout en sirotant un mojito et en incitant les mâles en rut à venir les rejoindre. Les techniciens n'en peuvent plus, certains se touchent, d'autres pleurent.

 Je continue de parcourir ce lieu de magie et de bon goût. J'évite consciencieusement les toilettes sèches, véritable nid de babas-cool attardés persuadés de sauver la planète en chiant sur des copeaux et en buvant des jus de fruits équitables mais infâmes dans des gobelets recyclables d'où on tire les subventions et me dirige vers l'extérieur pour en griller une petite. Je parle de cigarette, je ne suis pas un meurtrier ! Là, une jeune femme me percute. Elle est complètement ivre mais tente de ne pas le montrer. Elle me sourit bêtement et me lâche en rotant : "Julien Doré, l'est attaché !" Je lui signale qu'on dit plutôt : "Julien Doré est attachant !" Elle me prend par la main et m'emmène derrière un rideau rouge de très bonne qualité. Le spectacle qui se présente à moi est tout bonnement incroyable ! Julien Doré est effectivement attaché, nu comme un vers, à un totem en marbre. Des fans, triés sur le volet et déguisés en chiens le lèchent abondamment. Lui est aux anges et chante du Etienne Daho pour faire plaisir aux rennais nostalgiques. Les programmateurs présents n'en peuvent plus, certains se touchent, d'autres pleurent.

 7H32, c'est l'heure du champagne ! Sur le dance-floor, c'est l'émeute ! Les organisateurs, torses nus, se frottent en dansant sur Should I Stay Or Should I Go et se congratulent à tour de rôle. Essayant de se faire remarquer, de jeunes artistes en devenir de rien tentent de refiler un disque gravé de leurs sublimes compositions à l'élite. Vous pensez bien que l'élite s'en tape et là-dessus, on ne peut pas vraiment lui donner tort. Life on mars ? de Bowie emporte dans le tourbillon de la danse les partenaires de l'évènement qui, jusque-là, n'osaient pas trop remuer du cul. Les élus n'en peuvent plus, certains se touchent, d'autres essaient.

 8H14, je sors de la foire aux bestiaux. Il fait jour et plutôt frais. Une douce pellicule de vomi recouvre la pelouse interdite au milieu de laquelle on retrouve des individus qui dorment et des journalistes qui, sans doute, peaufinent leurs articles du lendemain. Je leur marche discrètement dessus, évitant ainsi de niquer mes chaussures quasi neuves et rentre chez moi.

 Alors que je médite sur le fait qu'un festival réussi est un festival où le public ne se souvient de rien, un homme brun aux cheveux longs et sales me regarde en me tendant les bras. Je ne le remets pas tout de suite. Il est allongé dans le caniveau et s'est manifestement pissé dessus. Il tente de parler mais rien ne sort mis à part les quelques morceaux de fruits provenant du punch de l'after.
Je le laisse tranquille.
Elle avait raison la louche connasse, Cali, c'est pas si mal en acoustique.

 L.B

Moi, c'est le cinéma. (7)

Partager et offrir du plaisir ne sont pas dans mes habitudes. Unique exception, le cinéma ! Mes yeux s'illuminent au simple souvenir de la dernière séance et ils s'humidifient très vite dès que je repense à la scène du viol dans La femme du boulanger de Woody Allen. Bref, vous l'avez compris, aujourd'hui encore, j'ai le plaisir et l'honneur de vous redonner goût à cet art qu'est le cinéma. Les plus frustrés d'entre vous peuvent retourner se toucher sur un poster grandeur nature d'Alice Sapritch ! Ici, c'est moi le patron !

1974, année charnière ! Ça ne veut pas dire grand-chose mais ça ne coûte rien de l'écrire. Augusto Pinochet interdit toute activité syndicale et abandonne toutes sorte de subventions. Une bien belle époque. Nicholae Ceaucescu prend le pouvoir en Roumanie. Vous la voyez là, l'année charnière ? D'ailleurs pour votre culture, sachez que, selon les services secrets basques, ce dernier serait actuellement en train de se la couler douce au beau milieu d'une île bretonne en compagnie d'Elvis Presley, John Wayne et Zinedine Zidane.
Dans notre pays, lors du débat télévisé de l'entre-deux tours des présidentielles, Valéry Giscard d'Estaing balance sèchement à François Mitterrand qu'il n'a pas le monopole du coeur. Tonton reste coi et ne pense pas à réagir alors qu'un simple "et vous, vous n'avez pas le monopole du cul" aurait suffi à convaincre les français. Le socialiste n'est pas très vif, c'est bien pour ça qu'il échoue plus qu'il ne réussit. Sachez enfin qu'en 1974, l'association sportive de Saint-Etienne remporte sa cinquième coupe de France de football avec en finale, un but de Jean-Michel Larqué qui est, je vous le rappelle, le seul être capable de rivaliser avec la bêtise d'un Thierry Roland en rut !

Les français sont donc, une nouvelle fois, bien tristes. La lueur va pourtant tenter de percer. Un film, que dis-je ! Un monument va révolutionner le cinéma. Plus rien ne sera comme avant ! Ce qui est logique puisque quand l'avant passe, l'après suit et l'on n'y peut rien changer. L'histoire de ce chef-d'oeuvre est pourtant toute conne comme aime à répéter Elizabeth Quin Mary II. Un concours est organisé par la télévision, le but étant de filmer la région où l'on vit. Une famille décide donc de se lancer dans l'aventure. Coup de génie du réalisateur et acteur Robert Dhéry ou simple coup de chance, il choisit de les nommer les Kenavec et bien sûr, vous l'avez déjà compris à moins d'être un de ces benêts persuadé qu'Angoulême est la capitale de l'Algérie, il s'agit de bretons. Ce film à petit budget lance pour la première fois dans le grand bain Emmanuelle Béart dans le rôle de la grande soeur un peu chaude du cul. On y retrouve également son père, Guy et son frère, Jean-Jacques dans le petit rôle du poivrot de la pointe de la Torche.
Des scènes d'action incroyables ! Ce plan où Madame de Martec, jouée par Micheline Dax souffle dans un biniou sous un dolmen provoque chez moi un sentiment d'abandon. Et que dire de cette scène où Yul Brynner enduit le corps du cul-de-jatte, interprété de façon magistrale par Gérard Depardieu, de kouign-amann ! Le kouign-amann, pour ceux qui l'ignorent est soi-disant un gâteau breton. En fait, il s'agit juste d'une simple plaquette de beurre salé, cela explique le nombre élevé de personnes souffrant de cholestérol dans cette région perdue. Loin des clichés, ce film retrace exactement ce qu'était la vie dans les campagnes bretonnes des années 70. On peut utiliser le mot de "documentaire", ce n'est pas exagéré du tout.

Alors pourquoi me direz-vous, "Vos gueules les mouettes !" n'a jamais reçu de récompenses ? Je vous félicite de poser la question et pour faire simple, je vais tenter d'y répondre. Moi aussi, cette absence d'oscars et cette ignorance cannoise me révolte mais vous n' ignorez pas l'existence de gros cons au sein de la région Bretagne. Ceux qui barbouillent les panneaux de signalisation réclamant que tout soit traduit en breton, même l'annuaire ! Ceux qui ont un cerveau iodé au QI proche de celui d'une huître plate de Cancale ! Ceux-là se sont émus. Ce film salirait la Bretagne et les bretons ! Réunis sous la bannière du Front de la Libération de la Bretagne (F.L.B), ils ont organisé un attentat contre l'émetteur de Roc'h Tremudon, privant ainsi la région de télévision durant plusieurs semaines. Fiers d'eux, les blaireaux ont compris beaucoup plus tard que la télévision n'était pas le cinéma. Faut vous dire monsieur, que chez ces gens là, on ne pense pas monsieur, on ne pense pas. On tue !

Il est donc temps, chers passionnés du septième art de réhabiliter ce film injustement traité par les critiques sans couilles sous la pression d'une douzaine de salopards. Je compte sur vous pour en parler autour de vous et organiser des visionnages dans vos villes, qu'une bonne fois pour toute, l'honneur soit lavé ! Pardonnez moi si je m'emballe mais ce  film est si parfait... Si on passe sous silence bien sûr, la prestation calamiteuse dans le rôle pourtant simple d'une mouette, de Romy Schneider. Une bien triste habitude pour cette plaie.

Comme il fait déjà jour et que mes yeux n'y voient clair que dans le noir des salles obscures, je vous embrasse presque et vous dis à bientôt.

L.B

Posted April 3, 2012

Partir de pas grand-chose pour arriver à rien.

J'étais tranquillement assis en train de déguster des crevettes flambées au whisky quand le téléphone avec fil s'est mis à sonner. Je n'ai pas eu peur car je suis très serein. J'ai répondu la bouche encore pleine et à peine avais-je fini de bafouiller un "ouallo" qu'un homme à la voix aiguë me lance : "Je ne vous dérange pas ?" D'entrée de jeu, je trouve ça étrange. Appeler quelqu'un pour savoir si oui ou non, on le dérange, avouez qu'il faut quand même avoir le casque un peu fêlé ! En fait, erreur de ma part, jugement hâtif, mea culpa etc... Il n'appelait pas pour ça, il dit se nommer Antoine et travailler pour une société, la BAM. Jusque-là, je ne pipe mot même si, au fond de moi, je sais bien qu'il doit se prénommer Daniel ou Benjamin, un prénom louche pour faire simple ! Après m'avoir demandé mon âge et toutes ces questions basiques qui servent de munitions aux branleurs statisticiens à p'tites bites, Antoine se lâche.
"Vous sentez-vous en sécurité dans votre vie quotidienne ?" Je suis sur le cul mais comme je suis assis, ça ne se remarque pas forcément. Je réponds évidemment par l'affirmative. Le seul truc qui me fait flipper dans ma vie, c'est l'éventuelle absence de baguette tradition à la boulangerie du boulevard de Verdun, en bas de chez moi ! Encore un charlatan qui veut me refourguer des alarmes bon marché pour paranoïaques hydrocéphales. Je lui fais remarquer que je n'ai pas de temps à perdre avec des conneries. En effet, j'ai une séance de yoga des montagnes à 15h30. Le yoga des montagnes, c'est tout simplement du yoga mais sur des rochers. C'est assez pénible mais ce n'est pas le sujet.
Antoine, sûr de lui, balance immédiatement : "Avez-vous des envies de meurtre ?" "T'es tombé sur le bon cheval, mon con !" Aussitôt, je m'excuse pour ce léger écart de langage dû à une émotion un peu forte et rude à retenir. Il ne m'en veut pas du tout et m'explique avec énergie qu'avec BAM, je peux me procurer une nouvelle arme révolutionnaire. Je suppose que tout ça doit être moyennement légal mais en temps de guerre, il y a des questions qu'on ne se pose pas !
Je n'ai rien contre le fait de posséder des armes. Mais, attention ! Tout est dans l'utilisation. Par exemple, ça ne se fait pas de taxer une cigarette à l'aide d'une kalashnikov, ça n'a aucune allure ! De même, quand on a un minimum de savoir-vivre, on évite de taser à tort et à travers dès la première contrariété. Une arme, ça s'utilise finement, avec précaution et sécurité. Ma banquière, par exemple se demande encore qui lui a crevé un oeil l'autre jour à 18h35 environ lorsqu'elle quittait son travail. J'en rigole encore. Ah, la tête ! Carabine Air Remington NPSS avec technologie Nitro-Piston, lunette de tir, double détente, idéal pour le tir à quinze mètres. Ni vu, ni connu ! C'est pas pour me vanter mais une seule balle a suffit.
Antoine Daniel Benjamin me propose de venir chez moi avec la nouvelle création et de discuter autour du catalogue automne-hiver de chez BAM. J'accepte volontiers cette proposition et salive à l'idée d'essayer un nouveau jouet.
Hasard ou coïncidence, j'avais justement comme prévision de plomber le cul du pizzaïolo de la Villa d'Este pour lui apprendre à se servir de ses mains autrement que pour se les fourrer dans le nez ou dans tout autre orifice qui se présente. Je vous en parlerai quand j'aurais terminé l'écriture de mon guide gastronomique. En attendant, rendez-vous est pris pour le lendemain, 10 heures. "Dans la joie et la bonne humeur" se lâche le petit marchand d'armes.
6H30, le réveil est rapide et énergique. 6H38, je sors de la chambre. Je n'ai pas glandé, les huit minutes sont nécessaires. Le temps pour moi de pouvoir effectuer 136 pompes avec une facilité déconcertante qui ferait pâlir Brahim Asloum si il savait compter.
Le son de la radio est au maximum, j'écoute attentivement les nouvelles du front. Cela fait 13 jours qu'un groupuscule démoniaque a pris en otage Jacques Cheminade. Cela fait 13 jours que tout le monde s'en fout. J'en veux pour preuve, la journaliste de service qui ouvre les informations sur la baisse significative du chômage. Il faut dire qu'avec la loi dite de "suppression" votée dernièrement dans le royaume, difficile de trouver sa place pour les autres informations, aussi importantes soient-elles. Tous les trimestres, 150 chômeurs tirés au sort par une main innocente sont exécutés ! Vous allez me dire, 150, c'est pas beaucoup et vous avez sans doute raison. Mais c'est dans la durée qu'on verra l'importance d'une telle loi.
Quatre cafés plus tard, deux douches et un jogging intérieur, je suis prêt à recevoir le VRP de chez BAM. Antoine rentre, comme prévu, il ne ressemble à rien. Il est accompagné par une jeune fille répondant au doux prénom de Glwadys mais qui, à mon humble avis, doit en réalité s'appeler Evelyne ou Rosy. "Elle va nous servir de cobaye" me glisse le Toine en clignant de l'oeil, "elle a besoin d'argent. Je suis un peu révolté à l'idée de tirer comme ça une pauvre innocente mais bon, il faut bien tester le matériel, tant pis !
Je lui demande donc ce qu'il a à me proposer. Il m'explique rapidement et en parlant très fort que sa société est en plein essor grâce à cette fameuse nouvelle arme qu'ils se sont procurés. "Elle pourrait bien faire un sacré dégât dans les mois à venir !" Il est en sueur, ses yeux brillent et il se gratte sans cesse le mollet gauche, typique du gars qui tape de la coicaïnek ! La cocaïne bretonne, à base de farine de blé noir et filtrée à la dentelle. Un must !
Il sort subitement de sa petite sacoche marron un simple disque compact et crie en me regardant avec insistance, comme si il avait vu la vierge ! "Tout est là dedans !" Là, sur le coup de la déception, je m'énerve un peu et lui demande prestement d'arrêter de se foutre de ma gueule en lui collant un revolver Smith et Wesson 686 Compensator sur la tempe. "On va faire un essai mais je te préviens Tonio, si le résultat n'est pas à la hauteur, je t'explose un tibia et je te finis à coups de crosse !"
"Mais c'est tout naturel, monsieur " me répond, plein d'aplomb le vendeur dérangé. Il me tend un casque et m'ordonne de le mettre dès le deuxième morceau du disque. Ainsi, d'après lui, j'éviterais les lésions les plus graves.
"Tu vas prendre cher ma grande" confie t-il à Glwadys en installant le disque dans ma chaîne haute fidélité.
J'ai bien écouté les consignes, à peine le premier morceau terminé, j'ai mis le casque et j'ai vu ! J'ai vu la blancheur soudaine de la Glwadys. J'ai vu ses grands yeux sortir de leurs orbites. J'ai vu son visage se déformer. J'ai vu les vomissements sanguins sortir abondamment de sa bouche. J'ai vu l'horreur ! J'étais scié et complètement convaincu.

Cette arme de destruction, d'une efficacité rare est l'oeuvre du dénommé Tristan Nihouarn, ex-chanteur du groupe de rock celtique Matmatah. Le produit se nomme "Sauf erreur de ma part". A manier avec précaution et à n'utiliser qu'en cas de haine tenace de son prochain.

L.B-